4 SEMAINES DE VOLONTARIAT EN AMAZONIE

Carnet de Voyage J'ai testé pour vous
By on 14 décembre 2016

L’Amazonie… en entendant ce nom, des images de forets luxuriantes poumons de la terre, de vie sauvage, d’animaux dangereux se bousculent dans ma tête. Que ce soit via des films ou des livres, l’Amazonie et son fleuve ont fait rêver des milliers d’explorateurs. C’est donc en mode Indiana Jones/Elisa Delajungle que je me suis rendu à Iquitos afin de travailler sur un chantier participatif pendant 4 semaines.

 

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Iquitos se trouve à l’embouchure du Rio Itaya dans le fleuve Amazone. Il s’agit de la plus grande métropole du monde qui n’est pas reliée au reste du monde par les voies terrestres. Il faut donc s’y rendre soit en avion ou en bateau (5 jours de traversée sur un bateau de marchandises depuis Pucallpa ou 2/3 jours depuis le Colombie).

En passant un mois dans la région, j’ai pu m’imprégner de son atmosphère particulière, de son climat moite, de ses maisons sur pilotis, de son architecture coloniale… et découvrir les différentes cultures et croyances autour du chamanisme et de la médecine par les plantes. Ce qui m’a tout de suite frappé en arrivant c’est que les populations locales ressemblent énormément aux populations d’Asie du Sud Est: même physique, taille, couleur de peau, visage… La ville est très vivante, cela grouille de partout et le moyen de transport principal est le tuk-tuk. Du coup, si je n’entendais pas parler espagnol autour de moi, j’aurais vraiment l’impression de me trouver en plein cœur de la capitale cambodgienne!

Ce mois de Novembre fut donc pour moi l’occasion de participer à mon premier éco-volontariat. C’est une expérience que j’ai toujours voulu faire, mais j’avoue ne jamais avoir pris le temps de le faire en France. J’ai un peu de mal à me dire que je vais prendre 3 semaines de congés payés l’été pour aller travailler sur un chantier. J’ai tendance à tomber dans le classique « vacances farniente »… Mais ce voyage, et le fait d’avoir plusieurs mois devant mois sont une occasion rêvée pour enfin me lancer.

 

Le projet Inti Eco Lodge.

Le projet a été lancé par une française vivant au Pérou depuis plusieurs années (Anne de Thélin) en 2013  après une première campagne de crowdfounding. L’objectif est de construire un éco lodge dans la foret qui accueillera des voyageurs et des backpackers qui souhaitent se ressourcer, se guérir par les plantes, effectuer des diètes (voir le paragraphe consacré sur le sujet plus bas), passer du temps en dehors de la ville, etc… D’une manière générale, passer quelques jours dans ce type de lodge est vendu à prix d’or par les agences de tourisme. Cependant Anne cherche à toucher une population de voyageur ayant un budget réduit . Ce lodge sera construit en ayant le moins d’impact possible sur la nature et les populations locales, en auto suffisance. Pour cela, elle cherche à appliquer des concepts écologiques comme la permaculture (voir paragraphe dédié plus bas), la réutilisation des eaux usées et des eaux de pluies, la gestion du compost , l’utilisation de l’énergie solaire…

Le lodge sera composé d’un dortoir, d’un espace pour les tentes et les hamacs, d’une cuisine/restaurant, de sanitaires, d’une terrasse, de zones pour le méditation et le yoga et enfin de bungalow privés. Le tout, en plein milieu de la selva, à près de 4h de bus et de bateau d’Iquitos. L’ouverture est envisagée courant 2017.

Afin de construire les bâtiments, Anne fait appel à des travailleurs professionnels locaux vivants dans les villages alentours.

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Le quotidien du volontaire.

En tant que volontaire, j’ai directement pu prendre part à ce projet de manière très concrète. Pendant mon passage, nous étions une dizaine à vivre sur le terrain la semaine. Nous travaillons du lundi au vendredi/samedi de 7h à 13h sur diverses tâches concernant le projet spécifiquement (principalement du jardinage et de la permaculture, mais aussi la construction du mobilier, la construction de la serre ou de la future piscine naturelle et l’aménagement du terrain), puis sur les tâches quotidiennes comme le ménage ou la préparation des repas.

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Les après-midi, plusieurs activités sont possibles pour les volontaires: lecture, yoga, baignade dans le Rio Itaya, randonnées dans la selva, activités artistiques, slackline, volley, badminton… il y avait de quoi s’occuper (mais la nuit tombe assez vite à 17h30). C’est avant tout un excellent moyen de se ressourcer ,au calme, de prendre du temps pour soi et de prendre conscience de ce qui nous entoure.

Les weekends, ceux qui le souhaitent peuvent retourner en ville à Iquitos, ou bien peuvent rester sur le terrain pour profiter du lieu avec moins de personnes ou allez au village d’à coté (30 min de marche) pour échanger avec les populations locales.

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Mes impressions sur cette expérience d’éco-volontariat.

Cette première expérience et cette immersion totale dans la selva fut extraordinaire et extrêmement enrichissante. Tout d’abord le projet en lui même fut très intéressant et concret. J’ai eu la chance de partager cette aventure avec un groupe extra partageant des valeurs qui me sont chères. Ce fut l’occasion de faire de nombreuses rencontres et de vivre en communauté avec des personnes de tout horizon et tout âges (de 20 à plus de 50 ans).

Ce fut aussi une révélation pour moi! Habitant en région parisienne depuis toute petite, loin de la campagne et travaillent plus de 8h par jour derrière un PC,  il n’était pas évident pour moi au départ que vivre plusieurs semaines au milieu de la foret, avec des animaux, sans eau courante ni électricité soit une tâche facile. Au final, on s’habitue à tout, et ce fut beaucoup plus facile que prévu. J’en arrive même à me dire que pour moi, vivre dans une vrai jungle, c’est prendre le métro tout les matins et de devoir traverser la station de la Défense ou de Châtelets en heure de pointe…

J’ai appris a énormément relativiser sur notre façon de vivre en France, sur le confort que nous cherchons à avoir de manière parfois égoïste et sur l’impact que cela a sur notre environnement,  j’ai appris à vivre plus « simplement ».

Alors évidemment, tout ne fut pas rose. Il m’a fallu revoir un peu mes standards minimum en terme d’hygiène, accepter d’avoir des rats autours de mon lit la nuit, que ceux-ci vont tout faire pour essayer de nous voler notre nourriture, de me laver à l’eau de pluie ou dans la rivière, de ne pas avoir de toilettes, d’avoir peu d’intimité, que la nourriture pourrisse très vite à cause de la chaleur et de l’humidité et de parfois me gratter jusqu’au sang à cause des moustiques. Mais bon, en groupe, tout est plus facile à surmonter. Et à la fin de la première semaine je n’y prêtais plus attention (sauf pour les moustiques). J’ai tellement aimé l’expérience, que j’ai décidé de rester une semaine de plus par rapport à mon planning initial.

Mon seul petit regret aura été que sur ma période nos travaux étaient principalement tournés autour du jardinage, de l’aménagement du terrain et à l’extermination de termites qui menaçaient les divers bâtiments. Les diverses contraintes de calendrier du projet ne nous ont pas permis de pouvoir travailler sur des tâches plus tournées sur la construction (peinture, murs en adobe…). Cependant, j’ai pu avoir un premier aperçu de la permaculture, ce qui était un de mes objectifs. Bien évidemment, la permaculture étant plus un mode de vie en soi qu’une succession de techniques, ce n’est pas en 4 semaines que l’on peut faire le tour du sujet.

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Au delà de l’expérience hors du commun et de l’apprentissage, participer à ce type d’initiative permert d’économiser un peu d’argent pour la suite du voyage. En dehors d’une petite participation symbolique pour les repas, je n’ai dépensé aucun argent pendant ces 4 semaines (en dehors des fois où je suis retournée à Iquitos le weekend). Le projet fourni un logement en dortoirs et les distractions payantes de type boire un verre ou aller au restaurant sont inexistantes au milieu de la forêt.

Dans tous les cas, je renouvellerai sans hésiter l’expérience de l’éco-volontariat et du chantier participatif si l’occasion se représente lors de mon voyage. Et je conseille vivement à ceux qui se rendent au Pérou d’aller faire un tour à l’Inti Eco Lodge (en tant que client ou volontaire)!!

Je remercie Anne qui nous a accueilli sur son terrain et au sein de son projet. Je pense qu’il faut une sacré dose de courage pour se lancer dans ce genre d’aventure! Et merci à Valentine, une volontaire sur le terrain depuis plus de 6 mois, pour son travail et d’avoir été un peu notre guide et maître d’ouvrage pendant ces semaines!

Merci aussi à tous les volontaires avec qui j’ai passé une à quatre superbes semaines (et évidemment aux membres de mon équipe jaune des Manau qui se reconnaitront dans cet article).

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Retrouvez ici toutes les photos de mon volontariat à Inti

Retrouvez ici toutes les anecdotes croustillantes ainsi que bêtisier: Ce que vivre 5 semaines en Amazonie m’a appris!

Quelques liens sur le projet Inti:

Allez  aussi visiter la page et le site de Théo et Hortense, des étudiants ayant travaillé avec moi et effectuant plusieurs périodes de volontariat pendant leur voyage:

 

 

La forêt amazonienne concentre la plus grande diversité d’espèces de plantes médicinales comestibles de la planète. Une grande partie de ces plantes n’est pas encore bien connue ni étudiée. On estime que 25% de toutes les essences pharmaceutiques utilisées aujourd’hui par la médecine sont extraites de la forêt tropicale. Les laboratoires pharmaceutiques ont recherché dans les plantes de l’Amazonie des substances pour la fabrication de médicaments destinés à une industrialisation et une commercialisation à grande échelle.

Berceau de la médecine, le région attire énormément de personnes cherchant à se soigner grâce à une médecine traditionnelle, basée sur les plantes de la Selva.

Ce sont notamment les chamans qui font office de médecin. Évidement, ce genre de pratique attire beaucoup de touristes « gringos », ce qui a eu aussi tendance a développer un « tourisme chamanique », surtout connu à cause des cérémonies d’Ayahuasca. Je ne rentrerai pas dans ce sujet souvent polémique car il est très complexe. Mais ici, cette plante n’est pas utilisée pour la « défonce et le trip », mais bien pour soigner (la dépression, en particulier). Encore faut-il qu’elle soit prescrite par un véritable chaman (qui ressemble à Monsieur tout le monde) et non par un petit rigolo déguisé avec des plumes pour impressionner les touristes. Beaucoup de traitements consistent avant tout a effectuer des diètes et à boire des infusions de plantes spécifiques. Ces diètes et ces infusions ont souvent pour objectif de vous purger et de vous purifier.

Pouvant s’étaler sur plusieurs semaines, le sujet doit se retrouver seul et suivre plusieurs restrictions dont le sucre, le sel, la viande, le sexe, les épices, la viande rouge, les graisses…

Il doit aussi s’efforcer de purifier ses pensées et ses émotions. Cet état de pureté, que l’on ressent physiquement, émotionnellement et intellectuellement, vous met dans une réceptivité totale.

(attention, ici, définition très sommaire d’un sujet très complexe)

Selon la définition du Petit Robert:

« La permaculture est un « mode d’aménagement écologique du territoire, visant à concevoir des systèmes stables et autosuffisants et à produire de la nourriture en renforçant l’écosystème. »

Il ne s’agit pas que d’une succession de techniques à appliquer, mais plutôt un mode de vie et une philosophie. Pour définir vulgairement la permaculture, on pourrait dire que c’est « un mode d’agir et une façon d’appréhender la vie de façon durable et logique en interaction avec la vie plutôt que contre la vie ». Ses trois piliers sont prendre soin des hommes, prendre soin de la terre et produire et partager équitablement les ressources. Dans le cadre de l’agriculture, il faut par exemple adapter ce que l’on souhaite faire pousser en fonction de son terrain, de son climat, de la biodiversité des éco systèmes etc… et ne pas chercher à d’adapter le terrain en fonction de ce que l’on souhaite faire pousser. Un de ses principes fondamentaux est l’économie d’énergie (carburant, travail mécanique) ainsi que le partage des surplus.

 

 

 

 

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