RETOUR SUR MON BÉNÉVOLAT AU FESTIVAL MUSICALARUE

J'ai testé pour vous Musique
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By on 17 août 2016

Imaginez un petit village français de 650 âmes, perdu dans la campagne où on ne trouve même pas un distributeur de billets, qui tous les ans, pour le weekend du 15 Août se pare de ses plus belles couleurs et accueille 48 000 personnes pendant 3 jours.

Même si mon « tour du monde » commencera officiellement début Septembre, je suis actuellement déjà en vadrouille dans notre beau pays. Car oui, finalement, il n’y a pas forcément besoin de se faire 10h de vol pour voyager et être dépaysée!!

C’est donc à Luxey, dans les Landes que j’ai entamé mon périple. Je me suis rendue à la 27ème édition du festival Musicalarue qui pendant 3 jours a mis en avant la fête, la musique et surtout les arts de la rue. Il s’agit un de mes festivals préférés, et bien évidement, comme je vous l’explique dans cet article, j’y ai été bénévole pour la deuxième année consécutive.

Pourquoi Musicalarue est un festival qu’on ne peut qu’adorer?

Pour commencer, la particularité de ce festival est qu’il ne se déroule pas dans un champs ou un grand espace prévu à cet effet. Il se déroule vraiment à l’intérieur du village. Une dizaine de scènes sont réparties sur la place principale, sur la pelouse de la mairie, au Cercle (le café associatif du village) et même dans l’église! D’autres sont installées sous les platanes ou au milieu des pins ou dans un théâtre de verdure. Dans les rues, la cohabitation et les mélanges sont surprenants. Les habituels baba-cools, punks à chiens et rastas croisent des familles avec poussettes, des habitants du village et même les petits vieux équipés de chaises pliantes.

le-cercle-bar-associatif-recoit-environ-50-personnes-par_1991306_800x400Le Cercle, le calme avant la tempête.

 

Il s’agit vraiment d’un festival où l’on ressent que l’organisation ne cherche pas à se faire de l’argent. Attention, il faut évidemment que l’association organisatrice rentre dans ces frais pour survivre, mais ce n’est pas fait à coups de gros sponsors qui dénatureraient l’esprit du festival ou avec des prix de tickets d’entrée ou de consommation exorbitants. Il est d’ailleurs autorisé d’amener sur le site du festival sa nourriture et ses boissons (tant que ce n’est pas dans du verre). Cela n’empêche pas les buvettes de se retrouver à court de boisson en fin de soirée 🙂

Foule_bouftangLa scène sur la place centrale du village.

La « ligne artistique » du festival correspond beaucoup à mes goûts musicaux. Comme pour tout festival, il faut privilégier quelques têtes d’affiche vendeuses pour faire venir le public. Mais encore une fois, ce n’est pas une programmation seulement composées des artistes maintream du moment. Cette année, ont défilé sur les différentes scènes Tryo, les LEJ, Balkan Beat Box, La Rue Ketanou, Emir Kusturica, Guts, Louise Attaque, Doc Gyneco… Bref, vous voyez le genre. De quoi raviver pas mal de souvenirs de lycée entre 20h et 5h du matin 🙂

 

Mais il n’y a pas que des concerts.  Le festival est aussi connu pour sa programmation entre chaque concert d’artistes de théâtre de rue ou des bandas, ces fanfares du Sud-Ouest. Cela donne à Musicalarue une ambiance unique en son genre, entre fête de village et gros festival. Personnellement, je suis aussi une très grande fan des arts de la rue. Attention, je ne parle pas ici du « street art », mais bien de ces spectacles ou les événements artistiques donnés hors des lieux pré-affectés (comme les théâtres, salles de concert, musées) Dans la rue, donc, sur les places ou les berges d’un fleuve… De la prouesse solitaire à la scénographie monumentale, de la déambulation au dispositif provisoire. Entre arts circassiens, mimes, comiques, magie… à chaque fois je trouve ces prestations pleine de poésie et tellement plus vivantes que ce que l’on peut voir sur nos écrans.

 

Cette année, avec les différents évènements récents, la sécurité sur le festival a été renforcée. Mais cela n’a pas entaché l’esprit festif de l’événement, et tout le monde était d’accord pour se dire qu’il fallait continuer à voir de l’art vivant et permettre aux différentes compagnies de théâtre/cirque de vivre de leur art et de leur passion.

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Il y a environ 600 bénévoles ou prestataires pendant le festival (donc on double la population du village!). Certains arrivent plusieurs semaines avant pour commencer à monter les structures et les scènes. Ce qui est génial c’est que tout le village prend part à l’organisation. Les différents responsables de pôle sont des Luxois. C’est aussi une histoire de famille. Les enfants ou petits enfants reviennent exprès au village pour préparer l’organisation.

Je travaille depuis deux ans avec des amis sur la mise en place des parkings et des campings. Nous sommes répartis dans 2 équipes: l’accueil des bénévoles/invités/mécènes et l’accueil des festivaliers. Pour ma part, je gère la partie des festivaliers. Nous arrivons généralement 2 jours avant le début du festival pour mettre en place les différentes infrastructures sur le parking et le camping: mise en place des barrières, de la signalétique, de la rubalise, des accès pompiers et du briefing des nouveaux bénévoles. Le jour J, tout s’accélère et nous travaillons environs 8h afin de gérer l’arrivée de milliers de festivaliers, camions, camping cars et voitures. Il faut les aider à se garer au bon endroit, veiller à ce qu’il reste de la place pour tout le monde, ré-orienter les voitures sur les parkings de délestage, indiquer la route à prendre, et bien sur, donner de la bonne humeur à ceux qui arrivent un peu énervés car il y a eu beaucoup d’attente. Le reste du festival, nous avons un peu moins d’heures. Nous distribuons sacs poubelles et éthylotests et gérons les arrivées et sorties du parking. Enfin les 2 jours qui suivent la fin des festivités nous sommes responsables du rangement du site, du tri des déchets et du nettoyage du camping/parking.

Voilà, cela à parfois l’air tout bête, mais ce sont des postes indispensables car nous sommes les premiers représentants de Musicalarue que les festivaliers voient lorsqu’ils arrivent. Donc il faut faire bonne impression…

Avec notre équipe cela fait plusieurs éditions que nous travaillons sur ces postes, donc nous essayons d’améliorer le dispositifs d’année en année afin de faire aussi face au nombre grandissant de festivaliers.

Je dois être peut être un peu masochiste car tous les ans je pose 1 à 2 semaines de congés payés à mon travail pour …. allez travailler autre part (cherchez l’erreur). Je ne vous cache pas qu’être bénévole sur un festival est assez fatiguant physiquement (en particulier cette année où nous travaillons en plein soleil à plus de 35 degrés). Il y aura toujours des bénévoles qui vont venir un peu en dilettante pour se faire un festival gratis. Mais en ce qui me concerne, j’ai vraiment à cœur que tout se déroule bien. Du coup, il n’est pas rare de faire parfois quelques « heures sup » pendant les gros rush. Mais dans l’équipe, nous sommes une petite dizaine de fidèles et nous nous connaissons bien. Donc il y a une grande solidarité entre nous pour ne pas laisser son pote tout seul galérer à un barrage routier ou avec quelques festivaliers récalcitrants.

Comme expliqué dans cet autre article, nous ne sommes pas rémunérés financièrement pour notre travail. Mais nous sommes nourris au catering et logés dans un camping spécifique (plus proche du festival, douches et sanitaires privés). Nous avons aussi quelques tickets boisson/nourriture supplémentaires à utiliser sur le festival. Et bien évidemment, nous ne payons pas le billet d’entrée pour l’événement (75€  le pass 3 jours et camping).

Voilà… mais encore une fois, je ne m’y rends pas vraiment pour y faire une opération à l’équilibre et pour forcément économiser de l’argent. Car le covoiturage pour s’y rendre et rentrer à Paris ainsi que les consommations sur place finissent par faire grimper la facture. Et puis, on ne peux pas profiter complètement des tous les spectacles. Ce qui me fait revenir chaque année c’est la satisfaction d’avoir contribué au maintien d’un événement culturel qui à plu à des milliers de personnes et qui a permis d’avoir un brassage culturel et intergénérationnel incroyable. Je ne sauve certainement pas le monde et je n’aurai jamais cette prétention.

Mais en cette période d’état d’urgence où tout le monde se méfie de son voisin, il me semble indispensable d’avoir des évènements qui contribuent à favoriser le dialogue et les échanges entre les gens.

Et bien sur, il y a l’envie de revoir les copains qu’on n’a pas vu depuis un an…

Moi j’en vois très peu. Évidement, pour certains la ligne artistique n’est pas en accord avec ses goûts musicaux, donc ils seront peut être déçus de la programmation d’une année sur l’autre…

Pendant le festival, il y a beaucoup de monde dans le village et il est parfois difficile de circuler, ce qui peut être désagréable surtout lorsque le soleil est bien haut dans le ciel. Mais cette année, l’organisation a décidé d’abaisser un peu la jauge maximale de festivaliers afin de fluidifier le trafic et que tout le monde puisse profiter des spectacles.

Le point noir est la distance entre le camping des festivaliers et l’entrée du village pour aller voir les concerts et les spectacles. Il faut compter une bonne vingtaine de minutes de marche. Enfin, nous avons malheureusement peu d’espace pour l’organisation du parking. Du coup, des files de voitures se retrouvent très vite sur les bas cotés de la route sur plusieurs kilomètres. Ce n’est pas évident à gérer.

 

En bref, Musicalarue est un festival familial que je recommande vivement, que l’on soit un fan du genre d’événement ou qu’on se rende à un festival tous les 10 ans.

Il y a de fortes chances que j’y retourne pour l’édition 2017 si mes dates de voyage concordent. Et comme cela tombe toujours sur le weekend du 15 Août, quoi de mieux que cet événement pour y fêter mon anniversaire (et mon entrée dans le club des 30)!

 

 

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